Avant d’expliquer en détail comment porter un chino, il convient de s’attarder quelques instants sur la case définition.

Le chino, donc, aussi appelé slack, est un pantalon d’origine militaire souvent beige, même s’il a débord été baptisé khaki, qu’on porte aujourd’hui souvent dans un contexte quotidien, voire semi-formel, mis au point en Inde par les colons britanniques pour être ensuite importé en occident par des Américains se fournissant auprès de fournisseurs chinois, d’où (peut-être) son nom.

Rien compris ? C’est normal. Il faut bien reconnaître que l’histoire de ce pantalon aujourd’hui si hégémonique est assez tortueuse. Comme la langue, les vêtements évoluent avec l’usage, et rares sont ceux, du kimono aux chukkas en passant par les talons, qui ont gardé leur fonction originelle.

C’est pourquoi on se gardera ici de refaire la genèse de la célèbre pièce pour s’appesantir un peu plus sur les nombreuses manières de le porter.

Mais avant, mettons-nous d’accord sur ce qu’il convient d’appeler chino.

C’est quoi, un chino ?

D’abord, il faut noter que le terme est une importation relativement récente dans la langue française. Le Larousse et le Robert se contentent ainsi de définitions laconiques, comme « Pantalon léger en coton » pour le second, tandis que le Trésor de la Langue Française informatisé, référence des universitaires, ne le mentionne même pas.

Pourtant, ce n’est pas la même chose de porter en chino ou de porter n’importe quel autre type de pantalon en coton. Il faudra donc trouver ses plus petits dénominateurs communs, qui permettront de reconnaître notre objet à coup sûr, sans adopter une définition trop restreinte au risque de se priver de nombreuses pièces intéressantes.

Commençons par la coupe. Historiquement, le chino est un pantalon droit. On peut supputer, vu l’époque et l’environnement militaire de sa création, qu’il était effectivement fabriqué en sergé de coton, même s’il a sans doute aussi existé en lin, et qu’il se portait taille haute avec des pinces.

Aujourd’hui, on trouve plutôt les chinos de cette forme dans des mises relativement formelles, tandis que dans la vie de tous les jours, il apparaîtra le plus souvent à taille mi-haute et sans pinces. Il faut aussi noter que porter un chino au XXIe siècle implique souvent, par nécessité de modernisation, une coupe légèrement plus ajustée au niveau des jambes.

Concernant les finitions, le chino traditionnel brille plutôt par son côté épuré. Les fioritures sont rares, à l’exception, souvent, de boutons sur les poches passepoilées à l’arrière. Les poches avant, elles, sont le plus souvent à l’italienne, et sont d’ailleurs devenues au cours du temps l’un des principaux signes distinctifs du chino.

Côté couleur, on trouvera toujours des censeurs de la mode pour dire qu’il faut obligatoirement porter un chino beige clair. Il est vrai que c’est sans doute sa couleur d’origine, mieux adaptée aux chaleurs de la péninsule indienne. D’ailleurs, son nom originel, « khaki », signifie « couleur poussière » en hindi, avant de désigner, par métonymie, ce type de pantalon. Mais le chino se décline aujourd’hui de bien des manières, du camel au vert kaki (on va y arriver) en passant par le bleu.

Bien choisir son chino

Le chino est un pantalon relativement simple dans sa conception ; mais il n’en est pas moins primordial de rester attentif aux détails. Avant d’acquérir votre chino, assurez-vous que la matière est de qualité (priorisez le coton sur le synthétique), confortable (une pointe d’élasthanne ne fera pas de mal) et adaptée à la saison durant laquelle vous souhaitez le porter.

Avec quoi porter un chino ?

Alors ici, c’est assez simple, parce que le chino va avec tout, ou presque. C’est le pantalon à avoir absolument dans son vestiaire, été comme hiver. Hiver ? Pourtant, le chino a une réputation largement estivale. Mais on en trouve de plus en plus aujourd’hui qui sont confectionnés avec des grammage suffisamment élevé pour affronter la mi-saison, voire la saison froide. Et si on l’associe bien, la mise globale n’aura rien d’incongru, bien au contraire. On peut par exemple porter son chino avec une veste sherpa, un bonnet et de belles combat boots pour un style docker-hipster, particulièrement apprécié à Vancouver.

Au printemps ou à l’automne, on peut sans problème ajouter une touche d’épice et de rock & roll à son chino en le surplombant d’un perfecto, ou au contraire jouer la carte du casual chic avec un t-shirt, des baskets blanches et une veste de blazer.

Mais il est vrai que s’il est une saison ou porter un chino prend tout son sens, toute sa majesté orientale, c’est bien l’été. Ici, pas besoin de faire un dessin. Un chino, une paire de bateaux, avec en guise de haut une chemise légère comme un seersucker blanc à rayures bleu-marine, et le tour est joué.

Allez, il est temps de rejoindre James Dean ou Steve McQueen dans le club pas très fermé mais ô combien recommandé des porteurs de chinos.