L’obésité est une épidémie mondiale. De plus en plus de personnes en souffrent, notamment de plus en plus de jeunes. Pour ces raisons, il est important de déterminer les facteurs de causalité qui entraînent un gain de poids à un jeune âge. Le poids a une importante base génétique, ce qui porte à croire que les gènes peuvent influer sur la probabilité qu’un individu prenne du poids dans l’environnement moderne. La susceptibilité génétiquement déterminée à l’influence environnementale permettrait d’expliquer comment l’obésité peut être à la fois d’origine génétique et environnementale. Peut-on blâmer les gênes ? Découvrez quelques études effectuées.

Blâme-t-on des gènes par rapport à l’obésité ?

Un groupe de travail vient de publier une nouvelle étude. Il est constaté que chez les filles qui sont porteuses d’une variante génétique associée à l’obésité, la variante génétique seule n’influence pas la consommation de graisses de ces enfants. Il semble plutôt s’agir d’une interaction entre le gène et l’environnement socio-économique des jeunes filles. Ensemble, ces deux facteurs déterminent si les porteurs de la variante ont un comportement alimentaire de graisse accrue ou même s’ils mangent plus sainement que la moyenne par rapport à leurs pairs du même milieu social. Une enquête montre qu’une bonne partie de la population mondiale et il a été démontré qu’elle est associée à l’obésité, en particulier chez les femmes. Il est intéressant de noter que les garçons présentant la même variante ne sont pas affectés de la même manière que les femmes.

Il est constaté que parmi les filles ayant grandi dans des familles plus pauvres, celles présentant la variante DRD4 repeat 7 avaient des comportements alimentaires de graisse plus élevée que les filles du même milieu socio-économique mais sans cette variante. Cependant, il est aussi constaté que les filles de familles plus riches ayant exactement la même variante génétique avaient une consommation de graisses plus faible que celles de la même origine socio-économique. Ces résultats suggèrent que ce n’est pas le gène seulement qui détermine les effets sur la stature humaine. Au contraire, le gène semble rendre une personne plus sensible aux conditions qui l’entourent. Ces conditions déterminent finalement si l’enfant développe ou non une préférence pour la graisse et devient donc en surpoids ou obèse les années suivantes.

Les chercheurs ont utilisé des journaux alimentaires que les parents de près de 200 jeunes enfants canadiens âges de quatre ans en moyenne ont reçus pour documenter les habitudes alimentaires de leur progéniture. Les enfants étaient tous issus de la cohorte de naissance de MAVAN à Hamilton, Ontario et à Montréal, Québec. Sur la base des journaux intimes, les chercheurs ont calculé les proportions de graisses, de protéines et de glucides dans l’alimentation des enfants. En outre, ils ont déterminé l’IMC des enfants et ont utilisé un test de salive pour identifier ceux qui étaient porteurs de la variante du gène de la répétition 7 du DRD4. Ils ont ensuite utilisé les revenus des familles pour évaluer la qualité de l’environnement socio-économique dans lequel les enfants ont grandi. Elle a également servi de marqueur indirect du comportement alimentaire des enfants, par exemple, la disponibilité de fruits et légumes ou de restauration rapide dans l’environnement.

Certaines variantes de gènes rendent certaines personnes plus sensibles à leur environnement

L’étude, qui a été récemment publiée dans un article s’appuie sur des travaux récents d’autres chercheurs suggérant que certains gènes, dont la répétition 7 du DRD4, sont des gènes de plasticité. Cela signifie que les personnes possédant une telle variante génétique sont généralement plus ouvertes à leur environnement que les personnes ne possédant pas cette variante. Selon l’environnement dans lequel vit l’individu porteur de la variante génétique, elle peut augmenter ou diminuer le risque de certaines affections neuropsychologiques.

Les porteurs de DRD4 repeat 7 ont un risque accru d’obésité, les auteurs de cette étude se sont demandé si ce gène pouvait aussi être un gène de plasticité, dont les effets varient selon l’environnement en question. Il est demandé si l’augmentation de la consommation de graisses chez les filles de 7-repeat, qui a déjà été prouvée à plusieurs reprises, pouvait être modulée par leur environnement social. Il est démontré dans les travaux que l’absorption de graisse va diminuer ou augmenter chez ces filles en fonction de leur statut socio-économique. Cette connaissance est importante car elle déplace l’attention du gène, précédemment appelé le coupable pour le risque accru de prise de poids vers l’environnement.

Jusqu’à présent, il est supposé que la variante à 7 répétitions entraîne une prise de poids chez ces individus en provoquant une augmentation des aspects gratifiants de certains aliments. Cependant, Le programme sur l’obésité infantile démontre que les nouveaux résultats indiquent une cause différente. Le chercheur principal au Centre de toxicomanie et de santé mentale CAMH a déjà étudié le gène DRD4 dans diverses populations féminines et adultes.

Les garçons de son âge ne montrent pas les mêmes préférences alimentaires que les porteuses de la variante féminine

Il est intéressant de noter que les chercheurs ont constaté que l’effet décrit de la variante n’était vrai que chez les filles qu’ils ont testées. Ils supposent que la cause en est l’évolution humaine. D’un point de vue évolutif, il aurait pu être avantageux pour les filles de prendre un peu de poids afin de pouvoir mieux s’adapter à des conditions de vie défavorables et ainsi assurer la reproduction. Une autre explication pourrait être les différences de développement entre les garçons et les filles. Il est possible que l’âge examiné de quatre ans soit tout simplement trop jeune pour voir les effets chez les garçons également. Chez les garçons et les filles de cet âge, la prise de poids se fait en différentes phases. Il est également concevable qu’ils présentent des comportements différents comme réponses aux sensations de faim et de satiété.

Il est déduit avec certitude de ces travaux que la variante génétique qui influence les comportements alimentaires différemment selon l’environnement. Cependant, il est question de savoir comment le gène fait cela en fin de compte. Il est aussi déclaré que ces résultats soulignent l’importance de la recherche causale au-delà du principe de taille unique. Il faut orienter vers des approches ciblées qui se concentrent sur les populations particulièrement vulnérables aux influences génétiques et environnementales. En effet, ceux qui sont plus vulnérables d’un point de vue biologique à un environnement défavorable sont en même temps ceux qui sont plus sensibles à l’amélioration de leurs conditions de vie et qui en bénéficient.