Relégué depuis longtemps au rang d’une simple nuisance, le bruit est actuellement considéré comme un facteur de risque pour la santé. De récentes études prouvent qu’il cause des troubles tant psychiques que physiques. L’OMS (l’organisation mondiale de la santé) le classifie d’ailleurs comme la 3e source de maladies dites « environnementales » après la pollution atmosphérique et le tabagisme. Ce n’est pas tout, il perturbe également la qualité de vie des habitants. D’après l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, actuellement remplacé par l’Agence de la transition écologique), 43% des Française affirment être gênés.

Les effets de la pollution sonore sur le système auditif

Le bruit est un phénomène acoustique qui produit des sensations auditives désagréables. Cette définition permet déjà d’avancer qu’il cause des répercussions plus ou moins graves sur le système auditif. À première vue, il entraîne des gênes chez les victimes. À long terme, s’il n’est pas résolu à temps, il peut être responsable de la surdité partielle, voire total.

D’après les études, les nuisances sonores (provoquées par le trafic routier, aérien, …) sont à l’origine des acouphènes (sifflements dans les oreils) ou l’hyperacousie (une incapacité à supporter les sons normaux). L’exposition prolongée à la pollution sonore peut également être à l’origine d’une perte partielle de l’acuité, surtout si la personne touchée refuse de se prendre en charge. Cette fois-ci les problèmes peuvent devenir définitifs.

Les effets sur la santé, notamment sur l’audition, apparaissent dès lors que le niveau sonore est supérieur à 140 dB. Mais des fréquences plus basses (supérieur à 2 millisecondes ) peuvent également entraîner la rupture du tympan, surtout s’ils durent pendant des heures.

Dans tous les cas, la gravité des troubles de l’audition dépend du temps d’exposition des bruits et du niveau sonore. Si les musiques inférieures à 85 dB(A) ne causent aucun danger pour la santé, même si elles sont écoutées pendant 8 heures, les sons dans une ambiance fermée se révèlent plus nocifs. Raison pour laquelle, il faut éviter d’écouter à fonds des chansons dans un endroit clos, sans ouverture.

Mais la sensibilité à la pollution sonore peut aussi être causée par un trouble d’audition dès la naissance. Dans ce cas, le bruit est un facteur de risque à la perte d’audition.

L’impact des bruits sur le système cardiovasculaire

Une chose est sûre : le bruit n’est pas la principale cause des maladies cardiovasculaires. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’entraîne aucune conséquence. Bien au contraire, la pollution sonore est un facteur de risque. En effet, d’après des études allemandes, elle participe à l’apparition de l’infarctus du myocarde, surtout chez les personnes souffrant d’une hypertension artérielle (élévation du rythme cardiaque)

Sinon, les personnes âgées plus de 65 ans sont les principales victimes des nuisances sonores, bien que les sujets plus jeunes puissent être touchés. De récentes recherches prouvent que l’exposition sonore augmente à 27% les risques de développer d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les seniors, contre 14% seulement chez les jeunes adultes.

Bien évidemment, la pollution sonore n’est pas considérée comme le facteur principal des maladies cardiovasculaires. Ces dernières peuvent apparaître à cause de plusieurs facteurs réunis, comme le taux de triplycéride élevé, le tabagisme, le stress, l’hypertension artérielle, et bien d’autres encore.

En plus, malgré les preuves avancées par certains scientifiques, d’autres professionnels de la santé (médecins, certains cardiologues, …) émettent des réserves. D’après eux, l’impact du bruit sur le système cardiaque reste encore à démontrer, bien qu’il existe un lien entre les deux phénomènes.

Les repercutions sur la qualité du sommeil

La pollution sonore altère la qualité du sommeil, bien que d’autres facteurs puissent entrer en jeu. D’après les études, l’oreille est le seul sens qui reste en veille pendant le sommeil. Les nuisances sonores (même faibles) changent les cycles de sommeil qui peuvent également être à l’origine des réveils nocturnes.

À long terme, le bruit cause donc l’insomnie. Pourtant, on sait très bien les effets de ce trouble du sommeil sur l’organisme. Déjà, il provoque un manque d’efficacité au travail, voire le stress. Ensuite, il peut aussi être à l’origine de la fatigue, d’un trouble de la concentration, etc.

En général, le son passe inaperçu lorsqu’il est inférieur à 30 dBA. Mais au-delà de ce chiffre, il peut causer des troubles du sommeil qui altère le fonctionnement physiologique et psychologique de l’organisme. Les conséquences à long terme ne sont pas souhaitables, surtout chez les personnes âgées plus de 65 ans.

Bien évidemment, le bruit ne constitue pas uniquement le seul facteur de l’insomnie. Celle-ci peut aussi être causée par d’autres éléments, comme le stress, l’anxiété et la dépression. Néanmoins, une réduction de la pollution sonore (notamment urbaine) favorise l’endormissement. D’après les observations effectuées par les scientifiques, une diminution des nuisances sonores dans les ports et les aéroports améliore la qualité de sommeil des insomniaques.

Les autres impacts de la pollution sonore

La pollution sonore provoque d’autres troubles désagréables chez les adultes et les enfants. Une exposition prolongée à des bruits diminue par exemple la performance cognitive chez les petits. Elle entraîne également des bourdonnements d’oreils qui provoquent des difficultés à se concentrer. À défaut de prise en charge, elle diminuera la performance scolaire.

À noter que ce manque de concentration est aussi perceptible chez les adultes. Les conséquences sont d’autant plus fâcheuses. À cause des nuisances sonores, ils sont incapables de bien se communiquer. À long terme, elles altèrent la performance au travail, surtout à l’accomplissement des tâches complexes (apprentissage, lecture, résolution des problèmes, travaux intellectuels, etc.).

Même si les impacts environnementaux de la pollution sonore sont peu étudiés, sachez qu’ils existent bien réellement. Déjà, une exposition prolongée peut altérer le processus biologique chez les animaux. Rappelons que la majorité des espèces animales se communique via des sons, que ce soit pour la recherche des partenaires, la quête de proie, etc. De ce fait, les sons émis par les voitures, et les équipements urbains, modifient leurs habitudes.

La pollution sonore altère également la qualité de vie des animaux, bien que certains arrivent à la surmonter (les oiseaux qui adaptent leur chant en fonction de l’environnement). Les cétacés en mer sont par exemple incapables de s’orienter à cause des bruits. Cela peut être à l’origine de leur échouage.

Les mesures à prendre pour limiter la pollution acoustique

Même si les bruits environnements ne peuvent être réduits, il est tout à fait possible de limiter les effets sur la santé, en prenant les mesures nécessaires. La première chose à faire est de réduire les déplacements en voiture. En alternative, on peut utiliser des transports respectueux de l’environnement, comme le vélo, …

La seconde mesure à prendre est d’améliorer la performance phonique du logement. Il existe des matériaux (les isolants naturels et synthétiques) qui possèdent des capacités à limiter la propagation des bruits venant de l’extérieur à l’intérieur. Cependant, on peut aussi aménager un espace vert à l’extérieur. Ainsi, le son naturel des arbres et des arbustes permet de limiter les nuisances sonores urbaines.

Sinon, on peut aussi s’équiper des protecteurs auditifs anti-bruits. C’est le cas des bouchons ou des coquilles traditionnels qui permettent de réduire les impacts sanitaires. En plus, il est possible d’atténuer le niveau sonore, en fonction de ses envies.

Et enfin, le meilleur moyen de réduire la pollution sonore est certainement de limiter la vitesse des voitures en milieu urbain. Effectivement, une limitation de 70 à 50 km/h permet de réduire le bruit de 2 à 3 DB.